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RECHERCHE SCIENTIFIQUE
alcool et santé physique

23/03/2005
Peut-on consommer quelques bières en cas de grossesse ?

Il va de soi que les femmes enceintes ne devraient de préférence pas consommer d'alcool du tout, mais un verre de temps à autre pendant ces neuf mois est-il réellement à proscrire ? Qui n'a pas bu un petit verre de champagne après un test de grossesse positif ? Ou trempé ses lèvres dans un bon verre de vin à l'occasion du Nouvel An, malgré le ventre arrondi ? Cette consommation devrait-elle être interdite ? Où devons-nous tracer la limite ?

Lorsqu'une femme enceinte boit de l'alcool, ce dernier se retrouve dans son sang sous une forme diluée et ce sang est transporté vers le fœtus au travers du placenta. Lorsqu'une femme enceinte est ivre, son bébé l'est pas conséquent aussi. Et compte tenu du fait que ce bébé est nettement plus petit, les conséquences de la consommation d'alcool, qui sont proportionnelles au poids corporel, sont donc nettement plus importantes. Ce qui est une consommation modérée et non-nocive pour un adulte est dès lors nettement trop important pour un bébé à naître. Il ne fait aucun doute qu'une consommation régulière d'alcool pendant la grossesse est néfaste pour la santé: les risques d'une naissance prématurée augmentent et une consommation journalière peut même hypothéquer la santé du fœtus. A ce jour, nous ne savons toutefois pas encore exactement où il convient de tracer cette limite. Selon une étude épidémiologique récente, qui s'est attachée aux habitudes de plus de 40.000 femmes enceintes en matière de consommation d'alcool, trois verres de bière par semaine n'entraînent aucun effet nocif et n'amplifient pas les risques de naissance prématurée. Les femmes enceintes ne courraient un risque légèrement accru d'une arrivée prématurée du bébé qu'à partir d'une consommation de quatre à sept verres par semaine.

Le mois dernier, notre site web www.biereetsante.be vous a sondé à ce propos: parmi plus de sept cent participants au sondage, une bonne moitié est d'avis qu'un verre de bière de temps à autre ne peut faire aucun mal, tandis que l'autre moitié le déconseille ou n'a pas une opinion bien arrêtée sur la question.

La science elle-même ne fournit pas non plus une réponse parfaitement claire. Voilà pourquoi les opinions sont si partagées. Ceux qui préconisent la prudence déconseillent la moindre consommation d'alcool, en partant du principe qui celle qui boit sera également tentée de boire plus et donc trop au fil du temps. Les femmes qui maîtrisent parfaitement leur consommation d'alcool savent bien qu'un petit verre de temps en temps ne peut faire aucun mal, même en cas de grossesse. Il va de soi que nous devons informer les femmes enceintes des risques d'une consommation d'alcool, mais de préférence de façon correcte. L'expérience nous apprend qu'un doigt menaçant a moins d'effet qu'une explication claire sur les arguments pour et contre.


Dr Marleen Finoulst

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