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RECHERCHE SCIENTIFIQUE
alcool et santé mentale

21/09/2004
Prédisposition génétique pour un comportement à risques en matière de consommation d'alcool

Des facteurs génétiques peuvent prédisposer certaines personnes à consommer des quantités abusives de tabac, de boissons alcoolisées et de drogues. Il s'agit d'une conclusion tirée de la combinaison de 46 études, qui ont permis d'établir un lien manifeste entre deux gènes et les caractéristiques des personnes adoptant un mode de vie comportant plus de risques.

L'analyse des données relatives à 20.000 personnes a permis de constater l'existence d'un lien entre une certaine version du gène 5HTT-LPR, qui joue un rôle dans le transport du neurotransmetteur sérotonine, et la tendance à développer une personnalité plus anxieuse, plus névrosée. Un second lien a été établi entre un gène lié à un récepteur du neurotransmetteur dopamine - le récepteur D4 - et un comportement plus porté sur les sorties et le noctambulisme. Il est établi que ces deux caractéristiques débouchent sur un abus plus important de tabac, d'alcool et de drogues.

“Notre étude suggère l'existence d'une base génétique pour certaines caractéristiques de la personnalité, qui peuvent influencer le comportement des gens et qui les incitent à fumer ou à arrêter de fumer, par exemple” déclare Marcus Munafö du Groupe de Recherche pour le Cancer à Oxford.“A l'avenir, nous pourrions prescrire des traitements pharmaceutiques ou des traitements comportementaux sur mesure.”

Ces deux gènes étaient les seuls à présenter une corrélation importante avec le comportement. “Les personnes naturellement prédisposées à l'anxiété fument aussi plus que les autres”, déclare Munafö. “Ceux qui appartiennent au groupe présentant la version courte du gène transporteur de la sérotonine ont un niveau moyen de névrose supérieur de 10 pour cent”. Mais il ajoute aussitôt: “L'environnement dans lequel grandit la personne pendant son enfance et l'alimentation exercent une influence importante sur la façon dont ces gènes s'exprimeront.”

Les variations au niveau du gène du récepteur D4 de la dopamine peuvent influencer la nature extravertie d'une personne en modifiant la réaction du cerveau à ce neurotransmetteur. La dopamine est associée à un comportement tendant à rechercher la nouveauté et la jouissance, pouvant pousser ainsi la personne en question à essayer de nouveaux produits stimulants.


Molecular Psychiatry 2004 (vol.8,p.471)

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