RECHERCHE SCIENTIFIQUE
alcool et santé mentale
26/07/2002
Les voies vers les habitudes des adultes en matière de consommation d'alcool.
Le tempérament et les traits de caractère psychosociaux des enfants peuvent influencer le développement d'habitudes de consommation d'alcool à un âge moyen. C'est à cette conclusion que sont arrivés Peter Wennberg et ses collaborateurs de l'Université de Stockholm.
Les chercheurs étaient à la recherche de raisons qui font que certaines personnes qui sont de grands buveurs à l'adolescence limitent leur consommation 'alcool à l'âge adulte ou, à l'inverse, pourquoi certains adolescents sans aucun phénomène de consommation d'alcool dommageable se voient confrontés plus tard à des problèmes de boisson. L'étude a utilisé des mesures du tempérament des enfants à l'âge de 4 ans ainsi que des caractéristiques psychosociales à l'âge de 10 ans. Ils ont ensuite suivi le comportement par rapport à l'alcool jusqu'à l'âge d'environ 36 ans. Les résultats de l'analyse ont mis en lumière un certain nombre de corrélations. Il s'est avéré, par exemple, que les enfants qui étaient extravertis et câlins à l'âge de 4 ans se voient plus souvent confrontés à des problèmes d'alcool à un âge plus avancé. Il s'agit d'enfants dont le caractère est marqué par une confiance sociale, des activités, la recherche de l'attention, un sens peu développé de l'ordre et des goûts difficiles. A l'inverse, les personnes qui étaient, à l'âge de l'enfance, satisfaits d'eux-mêmes, qui avaient un bon bagout verbal, qui étaient irritables et qui faisaient preuve d'un sens des réalités étaient moins souvent confrontées à des problèmes d'alcool à un âge plus mûr. On a démontré l'existence d'un troisième lien, à savoir la relation entre une dimension extravertie-agressive à l'âge de 4 ans et la fréquence des intoxications à l'âge de 25 ans.
Les chercheurs se sont également intéressés à l'importance des caractéristiques psychosociales à l'âge de 10 ans par rapport au degré de stabilité en matière de consommation d'alcool au cours de l'adolescence et à l'âge adulte. Pour ce faire, ils ont eu recours à des mesures de statut socio-économique (SSE) des parents, d'intelligence, de capacité de concentration, de sentiments d'anxiété et de résultats scolaires. Le groupe dont la consommation d'alcool à risques est restée limitée jusqu'à l'adolescence et les premières années de l'âge adulte (21 ans) était caractérisé par une faible valeur SSE parentale et par un profil général à risques. Les problèmes de motivation à l'école et un manque général de capacité d'adaptation se sont en outre avérés être des indicateurs pour des problèmes ultérieurs de consommation d'alcool. L'étude a finalement fourni un autre résultat intéressant: tandis que les résultats scolaires et l'intelligence présentent une corrélation importante, on n'a constaté aucun lien entre l'intelligence et les comportements par rapport à la boisson. Les auteurs suggèrent que ce sont les efforts en vue d'obtenir un bon résultat scolaire plutôt que les dispositions mêmes pour les travaux scolaires qui offrent une quelconque protection contre un abus d'alcool ultérieur.
Source: The quarterly Review of Alcohol Research 2002, volume 10, numéro 2
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